|

Photo Nº 1 | 
Photo Nº 2 | 
Photo Nº 3 | 
Photo Nº 4 | 
Photo Nº 5 | 
Photo Nº 6 | 
Photo Nº 7 | 
Photo Nº 8 |
|
http://casablancazamane.zzl.org/ Webmaster Posté February 7, 2012 3:13 pm
ASSASSINAT DE M. POUZET (Photo 771 )
Un de nos compatriotes, M. Pouzet, désireux d' explorer les côtes marocaines, avait acquis une embarcation de pêche, d' allure on ne peut plus pacifique. Il y fit monter trois hommes et cingla vers la partie qui s' étend entre le Rif et Melilla. Ces parages sont peuplés surtout de pirates dont l' impunité double la hardiesse. M. Pouzet, étant descendu un jour sur les rochers de la côte ramasser coquillages, tomba tout à coup mortellement frappé de deux balles.Deux torpilleurs, Balny et Déroulède, ont été immédiatement envoyés pour rechercher l' embarcation et les hommes qui la montaient. Ce n' est pas suffisant ; Il serait à souhaiter que le gouvernement français avisât à faire respecter ses nationaux, en châtiant sévèrement ces descendants des fameux pirates barbaresques dont nos marins, jadis, avaient délivré la Méditerranée. Le Petit Journal illustré 1901 Posté October 26, 2011 9:00 am
La guerre civile au Maroc (photo Nº 768)
Les événements qui se déroulent en ce moment au Maroc ne doivent pas laisser les Français indifférents. Sans être aussi inquiétante qu' il y a quelques jours, la situation dans l' Afrique du Nord ne cesse d' être encore fort troublée. Les troupes du jeune sultan Abd-el-Aziz (il n'a que vingt-deux ans) ont été mises en déroute par les partisans du prophète Bou-Hamara. Les villes de toute la région septentrionale de l' empire ont été razziée, les villages pillés et incendiés depuis le Riff jusqu'a Taza; un grand nombre d' hommes ont péri. Dans ces sanglants événements il faut voir encore une fois la main de l' Angleterre qui, par l' exagération de ses appétits elle manque de tact de ses agents et de ses commerçants, a exaspéré le peuple marocain. Le sentiment national est révolté des agissements de ces étrangers. Inutile d' ajouter qu 'à l' heure du danger, le sultant n'a plus trouvé auprès de lui ces amis fidèles autant que désintéressés, dont la présence lui a coûté si cher, et sur l' appui desquels il croyait pouvoir compter. On a vu, non sans quelque scandale, son confident, son favori, son conseiller intime, le correspondant d' un grand journal anglais, s' éclipser avec la rapidité de l' éclair, au premier symptôme de péril, prendre le large avec cette prudence qui est la première partie de la valeur, crever un cheval dans sa fuite précipitée, et ne s' arrêter, hors d' haleine, épuisé, qu' après avoir mis quelque soixante lieues entre l' insurrection et sa précieuse personne. Abd-el-Aziz comptait sur l' intervention active et immédiate de l' Angleterre en sa faveur: il n'a pas tardé à se convaincre de son erreur. Il a fait preuve, en cette circonstance, d' une certaine naïveté. Les puissances intéressées, au tout premier rang desquelles figure naturellement la France, ont défini avec promptitude et exactitude la situation et les obligations qu 'elle leur impose. Elles ont reconnu et proclamé qu'en soi, et jusqu'au nouvel ordre, les événements du Maroc ont le caractère d' affaires internes: il s' agit, d' une guerre civile, d' une lutte de prétendants: Il n' appartient à aucune tierce puissance de s' immiscer, de s' ingérer spontanément et de son chef dans de telles affaires. Par contre, il est du droit et du devoir des états intéressés de veiller avec attention sur la marche de la crise, afin de prendre en temps opportun toutes les mesures nécessaires pour la préservation de leurs ressortissants, maintien et la sauvegarde de leurs intérêts.
18 Janvier 1903 Le Petit Journal Posté October 24, 2011 11:59 am
Nº 765 L'armée de Si Mohammed Guebbas
On sait que, depuis plusieurs mois, Tanger et ses environs sont livrés aux exactions du brigand marocain Raisuli et de ses partisans. Devant les plaintes réitérées du corps diplomatique étranger, le sultan s'est enfin décidé à agir contre Raisuli, et le ministre de la Guerre, Si Mohammed Guebbas, a été envoyé à Tanger à la tête d'un « mahalla » importante, forte de 3,000 hommes et de quelques canons. Si Mohammed Guebbas a pour mission de restaurer, sans tarder, l'autorité du pacha de Tanger et de donner à ce fonctionnaire les attributions et les pouvoirs d'un gouverneur dans la province, et particulièrement dans la zone où le sultan a accordé aux Européens la faculté d'acquérir des propriétés immobilières. Ainsi les étrangers seront peut-être enfin à l'abri des actes de brigandage de Raisuli et de ses bandes. Notre gravure donne une vue pittoresque du camp de la mahalla chérifienne sous les murs de Tanger. du 6 Janvier 1907 Le Petit Journal illustré Posté October 23, 2011 2:07 pm
Photo Nº 751
Réception de M. Regnault et de l''ambassade française par le sultan Moulay-Hafid.
C'est dans le palais de Bouj-el-Oud, a Fez, que le sultan Moulay-Hafid a reçu M. Regnault et l'ambassade française. Le ministre de France, en grande tenue, entouré du personnel de l'ambassade et précédé de cavaliers du Maghzen et de cavaliers de la légation, a traversé la ville pour se rendre au palais. Arrivé à la porte du palais et pour y pénétrer, tout le monde a mis pied à terre, le sultan ayant seul le droit d'y entrer à cheval. La fanfare impériale a attaqué aussitôt la Marseillaise avec un réel ensemble, tandis que le cortège défilait entre les soldats que dirigent le commandant Mangin et le caïd Ben-Saïd. Sous un dais élevé au fond d'une des cours du palais, Moulay-Hafid, assis sur un canapé bleu et or, entouré de ses vizirs debout et pieds nus, attendait le ministre de France. M. Regnault a prononcé un discours d'une parfaite tenue dans lequel il a rappelé au sultan les raisons qui lui rendent l'aide politique de la France plus précieuse que celle d'aucun autre pays. Ce sont des « paroles d'amitié » que notre ministre a portées a Moulay-Hafid, répondant au désir que celui-ci avait exprimé de le recevoir. Moulay-Hafid a répondu au ministre de France par un discours serré et étudié. « Sachez, dit-il, que nous avons le plus grand désir de voir se continuer les rapports étroits d'amitié, conformément aux engagements impériaux de nos prédécesseurs et aux droits communs basés sur notre voisinage. » Cette formule résume a la fois le but, le moyen et le principe de la politique franco-marocaine. Moulay-Hafid a rappelé qu'il avait « demandé la venue de M. Regnault ». Il l'a assuré de son « bienveillant concours ». Il veut, a-t-il -déclaré, que « la fin des difficultés ne laisse matière à aucun commentaire » ; que l' « assistance mutuelle » soit une « assistance complète ». Il estime que les résultats qu'on en peut attendre sont « manifestes comme la lumière du soleil ». Et dans une formule qui n'est pas simplement de courtoisie, il souhaite à la France la plus grande gloire, la prospérité et la paix ».
21 février 1909 Le Petit Journal illustré Posté October 18, 2011 11:46 am
Photo Nº 747 COMBAT DE MELILLA
Les Maures du Rif chargeant contre l'artillerie espagnole. L'Espagne possède dans la Méditerranée,sur le littoral du Nord de l'Afrique, quatre positions isolées, à une distance moyenne de cent kilomètres l'une de l'autre, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'à la rivière Muluya, qui forme la limite de la province d'Oran, Ces postes sont édifiés sur des rochers ou sur des isthmes arides. On les nomme Ceuta, Valez de la Gomera, Alhucemas et Melilla. Ils sont gardés par de petites garnisons et renferment chacun un établissement pénitentiaire ou « préside ». Or, autour de ces postes et sur les plateaux du Rif qui les dominent vivent des tribus d'origine kabyle qui constituent pour l'Espagne un voisinage des plus dangereux. Entre ces Maures et les Espagnols, la différence des meurs et des religions, et les rancunes nées du souvenir des vieilles guerres ont contribué à entretenir des inimitiés tenaces. De temps à autre les Riffains font des incursions sur le territoire des « présides » et l'Espagne est obligée de les mettre à la raison. La dernière guerre avait eu lieu il y a exactement cinquante ans. Elle fut très meurtrière. Espérons que les événements de ces derniers jours n'auront pas les mêmes conséquences. Cependant, les troupes espagnoles ont rencontré chez leurs adversaires la même sauvagerie, la même férocité. Et la gravure que nous publions, composée d'après des documents les plus exacts, montrera à nos lecteurs avec quelle cruauté fanatique ces Maures du Rif vont au combat.
15 Août 1909 Le Petit Journal illustré Posté October 14, 2011 7:34 am
Photo Nº 743 et Nº 744
Il y a un siècle, le Maroc eut deux Sultans
Moulay Hafid, proclamé Sultan à Marrakech en octobre 1907 grâce à Madani Glaoui, Pacha de Marrakech, qui lui apporta toute l’aide matérielle et financière nécessaire et qui lui organisa son gouvernement, appela à la guerre sainte et à la destitution du Sultan Abdelaziz. Il rencontrait en outre, une immense popularité au sein de la population. Les prières de vendredi se disaient désormais au sein de mosquées en son nom et ses sorties officielles se déroulaient sous forme de cérémonies grandioses : monté sur un cheval richement harnaché, habillé en faradjia et djallaba en mousseline immaculées, entouré de ses vizirs et de ses serviteurs, un parasol imposant déployé au-dessus de sa tête. Et à partir de cet instant, le Maroc eut deux Sultans : Le Sultan du Nord, Abdelaziz et le Sultan du Sud, Hafid.
Si Madani Glaoui, en proclamant Moulay Hafid, visait à assouvir une vengeance qu’il ruminait depuis une longue date contre Hadj Omar Tazi, frère du ministre des finances et favori d’Abdelaziz.
En effet, à la demande express du jeune Sultan, Si Madani leva une importante mehalla contre le rebelle Bou Hmara. Il fut gravement blessé lors des combats et se vit contraint de se réfugier à Fès. Humilié par la famille Tazi, extrêmement jalouse de ce notable berbère, Le Glaoui jura vengeance et regagna Marrakech.
Les frères Tharaud les ont d’ailleurs dépeints éloquemment, usant de paraboles troublantes :
« Il suffit d’avoir vu un de ces Tazi cinq minutes- Omar Tazi, par exemple, confident d’Abdelaziz et organisateur de ses plaisirs- pour se rendre compte aussitôt qu’un Glaoui et un Tazi ne pouvaient pas s’entendre. Omar, gras et blanc de peau, le poil roux, les yeux petits et plissés, la démarche dandinante, un ventre plein d’embonpoint, laisse éclater dans toute sa personne un sentiment rabelaisien et tout sensuel de la vie. Le Glaoui, sombre, ascétique, les yeux brillants, magnifiques de passion, aristocrate dans tous ses gestes et dans sa voix tout ensemble autoritaire et modérée, fait penser à quelque portrait de Philippe de Champaigne ou plutôt du Gréco par l’austérité des traits, la couleur terreuse de la peau, l’admirable éclat du regard, la longue et maigre dignité de tout le corps. Dans ces deux personnages s’opposent deux conceptions de l’existence, l’une assez plate et avisée, l’autre très certainement elle aussi remplie d’égoïsme et d’ambition personnelle, mais ardente, follement passionnée et qui semblait, en apparence du moins, écarter toutes les bassesses et les mesquineries de la vie ».
Moulay Hafid affectait un nationalisme intransigeant. Il avait gagné la majorité des notables du Sud et bloqué à son profit les recettes des douanes de Mazagan et d’Azemmour, les deux seuls ports qui, dés le premier jour, se donnèrent à lui.
La France se trouvait dans une position ambiguë mais pour elle, il ne pouvait y avoir qu’un souverain légitime, Abdelaziz auprès duquel était accréditée sa représentation diplomatique et qui avait signé des traités et accords engageant son gouvernement.
Mais Moulay Hafid semblait décidé à se faire proclamer officiellement à Fés, ce qui consacrerait définitivement sa qualité de Sultan sur l’ensemble du territoire national. Et c’est en ce sens qu’un notable respecté et Alem très populaire de la capitale, le Chérif Si Kettani, organisa une consultation juridique auprès d’autres Oulamas de l’Université Karaouiyine. Cette consultation déboucha sur une Fatwa, sentence religieuse, annonçant qu’Abdelaziz était traître à sa patrie, et qu’il avait conclu avec les infidèles des emprunts bancaires portant intérêt et ce, au mépris de l’interdiction religieuse. De ce fait, il devait être destitué. Une importante manifestation populaire accompagna la proclamation de la sentence, apportant soutien et reconnaissance à Moulay Hafid.
Abdelaziz, inquiet, quitta précipitamment Fés le 12 septembre 1907 pour se rendre à Rabat. Il y reçu M. Regnault qui lui remit ses lettres de créance. L’ambassadeur de la France était accompagné du général Lyautey et de l’amiral Philibert, commandant la division navale devant Casablanca. L’audience eut lieu dans une résidence du Sultan, le palais de Koubibat, située au bord de la mer.
Moulay Abdelaziz reçut l’ambassade assis sur un canapé très usagé. Autour de lui, ses vizirs, tous uniformément vêtus de djellebas blanches. Après le protocole de la cour, les prosternations habituelles, le rangement hiérarchique des membres de la délégation, l’ambassadeur de France remet ses lettres de créance, enfermées dans une gaine de satin bleu. Il lit son discours dont le Sultan a eu communication la veille et en a préparé la réponse. Il la murmure tout bas, phrase par phrase, à l’oreille du vizir Benslimane, qui la répète à l’interprète Si Kaddour Ben Ghabrit. Celui-ci la traduit. Monsieur Regnault offre ensuite la grande croix de la légion d’honneur enfermée dans un écrin en cuir que le Sultan brûle visiblement d’ouvrir. La délégation se retire à reculons, en se prosternant trois fois. La séance a duré à peine vingt minutes.
Avant le départ de l’ambassade, une convention fut signée à propos de l’organisation de la police dans les principaux ports et aux frontières marocco-algériennes, conformément à l’accord d’Algésiras.
Lors du voyage de retour, Monsieur Regnault confiait à Lyautey : « A mon avis, il n’ y a pour nous en ce moment qu’une carte à jouer, celle d’Abdelaziz. Le Sultan est engagé avec nous par des traités solennels dont un gouvernement avisé et résolu pourrait tirer tout de même un bénéfice réel…. Sans compter tous les avantages nouveaux que peut offrir l’actuelle situation critique du Makhzen…. Ah ! si on nous laissait faire ; à nous d’eux, nous mettrions le Maroc dans la poche de la France » !
Tout le destin français inavoué tient donc dans cette dernière phrase formulée de vive voix par le représentant de l’Hexagone.
Les événements ont pris cependant une autre tournure. Au début de janvier 1908, Moulay Hafid quitta subitement Marrakech pour se rendre à Mechra Chair sur les bords de l’Oum Rbia où, il y fit un long séjour. Et le 16 mai il entra à Meknés puis le 7 juin, il fit une entrée solennelle à Fés accompagné de Si Madani Glaoui et de quarante mille cavaliers.
Le 12 juillet, le Sultan Abdelaziz quitta Rabat avec sa mehalla et se dirigea vers la capitale du Sud, renforçant en cours de route sa harka, par des contingents de tribus se trouvant sur son parcours. Il était accompagné d’instructeurs français mis à sa disposition par les autorités d’occupation. Il décida, avant de continuer sa marche, d’attaquer la tribu insoumise de Tamelt, située à quelques kilomètres au Sud-Ouest. Au premier contact avec les rebelles que dirigeait Si Madani Glaoui, la mehalla chérifienne lâcha pied et se débandada dans toutes les directions. C’est le sauve-qui-peut des troupes sultaniennes.
Abdelaziz battu, fuit à son tour pour se réfugier auprès des troupes françaises, le lendemain à Settat, dans un état d’exténuation extrême et de total dénuement. Son règne avait pris fin : Et coïncidence du sort, dans presque la même région où il a débuté, lors de la mort subite de son père . Quel désastre pour ce jeune Sultan….
« Et que si prés du port, contre toute apparence
Un orage si prompt brisât ‘son’ espérance ».
La victoire acquise, Si Madani Glaoui, Grand Vizir, entouré d’une escorte seigneuriale, traversant hameaux, douars et villes, pénétra en grande pompe à Fés et alla directement se loger dans la somptueuse demeure des Tazi qu’il avait confisquée. Sa vengeance est enfin assouvie.
Quant au Sultan déchu, il finit par se rendre à Tanger où il s’installa définitivement au milieu de l’indifférence générale.
Le général D’Amade, en butte à une opposition militaire farouche des habitants de la Chaouia, fut relevé de ses fonctions de chef des armées d’occupation et remplacé par le général Moinier.
Le 7 décembre 1908, les gouvernements signataires de l’acte d’Algésiras reconnurent le nouveau Sultan après l’ engagement de celui-ci à respecter les termes de l’Acte et l’ensemble des traités signés et acceptés par son prédécesseur. MEDISMA Posté October 12, 2011 7:08 am
établis l itinéraire historique d un personnage important fati Posté October 10, 2011 5:18 pm
Le Rogui, Bouhmara, ou Jilali Ben Driss Zerhouni de son vrai nom. ( L'homme qui voulait être sultan)
Aventurier, rebelle, charlatan, homme de sciences et de guerre, Bouhmara est un personnage intrigant et complexe. Portrait d’un prétendant qui a failli renverser la dynastie alaouite.
“Le rogui Jilali Bouhmara”. Qui est cet homme ?
Quel est son tort pour être traité comme une bête sauvage ? Et pourquoi ce surnom dont il est affublé ? Bouhmara, ou Jilali Ben Driss Zerhouni de son vrai nom, appartient à cette catégorie d’hommes, pour qui la vie est un jeu de dés?: soit ils accèdent au statut de fondateurs de dynasties, auréolés de gloire et de prestige, soit ils subissent le sort de vulgaires rebelles, voués à la potence et à l’oubli. Bouhmara a joué son va-tout, failli rafler la mise et devenir sultan, mais des erreurs de calcul et d’alliances lui ont été fatales. Naissance d’un rebelle On est au tout début du 20ème siècle. Le royaume chérifien fait face aux convoitises grandissantes des puissances européennes et les réformes amorcées par le sultan Moulay Hassan peinent à donner leurs fruits, dans un pays éclaté en mille foyers de sédition. Son successeur, Moulay Abdelaziz, est un jeune homme, épris de gadgets et ébloui par le développement économique et militaire de l’Occident. Le jeune sultan est ce qu’on appellerait de nos jours “un geek”, un passionné de nouvelles technologies et d’inventions : sa cour abonde de jeux et de distractions ramenés par cargaisons d’Europe.
Il est un sultan réformateur qui aspire à moderniser le Maroc et l’arrimer à un Occident fort et développé, plutôt qu’à un “Orient” superstitieux et arriéré. Aux yeux de ses sujets, Moulay Abdelaziz apparaît comme “le sultan du bouleversement universel et le seul Marocain de son espèce”, selon la description d’Eugène Aubin, un diplomate français en mission au Maroc à l’époque. C’est en cette période trouble et agitée que Bouhmara apparaît. Le futur rebelle, pur produit du Makhzen, connaît très bien ses rouages et ses secrets. Il appartient au corps des ingénieurs “Tolba Mouhandissine”, créé par le sultan Moulay Hassan. Après une formation de topographe à la prestigieuse école parisienne des Ponts et chaussées, il est devenu secrétaire personnel de Moulay Omar, frère du sultan, avant qu’une intrigue à la cour ne l’éloigne complètement des arcanes du Makhzen.
Après sa disgrâce, Bouhmara change son fusil d’épaule et commence à voir plus grand. L’homme, malin et ambitieux, parcourt les tribus du Maroc -à dos de son ânesse grise, ce qui lui vaut son surnom- et se fait passer pour un marabout, un homme de sainteté et de grâce. Il hume l’air du temps, qui est à la colère et à la révolte. Les rumeurs sur les penchants occidentaux de Moulay Abdelaziz et son entourage composé essentiellement de conseillers anglais et français, exaspèrent les gens. Bouhmara comprend que son moment est arrivé et qu’il faut tenter un vrai coup de poker.
Il s’adresse à des tribus de l’est et du nord du Maroc, en prétendant qu’il est Moulay Mohammed, le frère du sultan. Il montre à ces tribus des lettres, écrites de sa propre main, et les présente comme des missives envoyées par des chefs de tribus du sud pour le soutenir dans sa guerre sainte contre Moulay Abdelaziz, “le roi des anglais”.
Pendant ce temps-là, Moulay Mohammed, le vrai frère du sultan, croupit dans une cellule au palais de Meknès, après un différend qui l’a opposé à Moulay Abdelaziz. Bouhmara rallie autour de lui les tribus des Ghiata et les Hyayna, qui vont former l’essentiel de ses troupes. Des alliances matrimoniales renforcent également le lien entre le prétendant et ces tribus souvent rétives au pouvoir du Makhzen.
Grandeur et décadence de Bouhmara Les nouvelles d’une rébellion qui secoue l’est du Maroc parviennent à l’oreille du sultan. Au début, on pense à un énième “rogui”, un agitateur rentré en dissidence avec son clan ou sa petite tribu, et qui refuse de payer les impôts au représentant du sultan. La réponse est timorée : en décembre 1902, une “mehalla”, expédition militaire makhzénienne, est envoyée pour mater la rébellion et ramener la tête de Bouhmara. Les troupes du sultan sont défaites et décimées. Des tribus alors fidèles à Moulay Abdelaziz tournent casaque et rejoignent l’armée de Bouhmara.
Ce dernier marche victorieusement sur Taza, qui devient sa capitale. A Fès, la psychose règne. Les rumeurs d’une attaque éminente du prétendant s’amplifient et font fuir les quelques Européens qui vivent dans la ville.
Bouhmara est alors au firmament de sa gloire. Il adopte l’organisation et les signes du Makhzen : le parasol qui symbolise le pouvoir religieux et politique du sultan, le harem, les troupes régulières vêtues d’uniformes fournis par les Espagnols. En quelques mois, l’ancien scribe, le faux marabout, devient “le sultan de l’est”. Les tribus du Rif et de l’Oriental reconnaissent son pouvoir et voient en lui un symbole du Jihad contre la présence occidentale. Il est le maître d’un territoire qui s’étend de Tétouan à Oujda, qu’il se prépare à conquérir au printemps 1903. Pour Moulay Abelaziz et sa cour, l’heure est grave et la menace grande.
L’armée du sultan recrute à tour de bras et des émissaires négocient les ralliements des tribus et sollicitent le soutien des marabouts et des “chorfas”. En juin 1903, une nouvelle expédition militaire, dirigée par le caïd Mnebhi, ministre de la Guerre, part à l’assaut de Taza. Mieux organisées et mieux dotées en armes, les troupes du sultan s’emparent de la capitale de Bouhmara, qui se refugie avec ses hommes à Selwane, dans le Rif.
Le rebelle limite alors, pendant plusieurs années, ses activités dans cette région du Maroc en attendant des jours meilleurs. Une fin dramatique En 1908, le sultan Moulay Abdelaziz est destitué et son frère Moulay Abdelhafid prend sa place. Comme tous les nouveaux sultans, Moulay Abdehafid part à la reconquête de son royaume et du rétablissement de l’autorité du Makhzen.
Bouhmara, qui perçoit le changement de sultan comme une opportunité à saisir, entreprend également la reconquête de son ancienne capitale. Il s’empare, sans coup férir, de Taza, et décide de fondre, avec les tribus de Jbala, sur Fès. Mais les alliances avec les tribus sont mouvantes et les allégeances fragiles. Bouhmara se retrouve finalement à la tête d’un faible effectif et ses troupes ne cessent de se réduire. L’armée du sultan parvient à le localiser, pendant sa tentative de rameuter d’autres tribus, et réussit à défaire ses hommes. En août 1909, Bouhmara est capturé pendant sa fuite avec son harem et ses esclaves. Le sultan envoie une cage basse et munie de barreaux en fer, pour y mettre son rival. Le prisonnier fait le tour de la ville de Fès dans sa cage avant d’être présenté à Moulay Abdelhafid, qui l’interroge sur les motifs de sa dissidence.
Un sort d’une rare cruauté est réservé aux hommes de Bouhmara : on ampute chacun d’eux d’une main et d’un pied, devant les cris et les hourras jubilatoires des habitants de Fès. Les têtes coupées sont confiées aux juifs de la ville, qui se chargeaient de les poudrer de sel, les coudre au niveau du cou avec une plaque de cuir, avant de les empaler sur les murailles de la ville. Un exemple pour dissuader les éventuels rebelles et les dissidents.
Après deux semaines de captivité, Moulay Abdelhafid décide de sortir Bouhmara de sa cage…pour le faire rentrer dans une autre. Il est conduit vers la ménagerie du palais, où des fauves ramenés d’Afrique et d’Europe servaient de distraction à l’ancien sultan, Moulay Abdelaziz. On fait rentrer le rebelle dans la cage d’un lion, en pensant que l’animal le dévorera. Mais le fauve se contente de blesser Bouhmara à l’épaule et retourne au fond de sa cage pour roupiller. Les compagnons du sultan croient au miracle de celui qui se présentait à ses débuts comme un marabout.
Furieux, Moulay Abdelhafid fait sortir Bouhmara de la cage du lion et demande à l’un de ses hommes de le tuer. Ce dernier s’approche de Bouhmara, sort son revolver et tire à bout portant. La tête du rebelle est fracassée par la décharge.
Deux esclaves traînent le corps gisant de Bouhmara dans un coin de la cour, l’arrosent de pétrole et y mettent le feu. Ainsi fut réduit en cendres l’un des rebelles les plus célèbres de l’histoire du Maroc. Abdellah Tourabi Posté October 9, 2011 4:06 pm
Foto 737
LE ROGUI PRISONNIER EST AMENÉ A FEZ EN CAGE COMME UNE BÊTE FÉROCE
Voici comment un témoin raconte l'arrivée à Fez du Rogui vaincu et prisonnier : « A onze heures, le cortège est signalé. Voici venir à pas lents, avec son tangage disgracieux, un chameau. Le vaisseau du désert » porte une cargaison bizarre, étrange...» C'est une cage de fer aux barreaux énormes. Elle est fort basse. Un homme ne pourrait s'y tenir debout. Et, pourtant, il y en a un, dans cette cage, solidement amarré... un homme qui se tient accroupi... un homme à la Face brûlée par le soleil, aux yeux brillants d'énergie, à la barbe drue et noire. Et cet homme, qui ballotte avec un bruit de chaînes, cet homme c'est le rogui, l'ennemi du sultan, l'invincible, enfin,capturé. Il est là, calme, froid, l'air indifférent, contemplant avec une dignité méprisante cette multitude pouilleuse et lâche, qui l'eût acclamé vainqueur, et le hue vaincu. Mais le cortège s'approche. De son lit de repos, le sultan contemple un instant son rival, qui ne baisse point les yeux. D'une voix éteinte, il lui adresse quelques paroles, où l'on sent la colère, puis il donne un ordre bref. Un caïd fait un signe, des serviteurs s'approchent. En un clin d'oeil, le chameau est agenouillé, les amarres sautent, et la cage, soulevée par six hommes, pénètre à l'intérieur du palais. Dans le trou d'ombre où elle s'enfonce, les barreaux lancent un dernier éclair... puis, plus rien. Le rogui vaincu, est doublement captif.
12 septembre 1909 Le Petit Journal illustré Posté October 9, 2011 1:23 pm
VOLUBILIS
en terminale on avait un prof de Français et Latin qui nous avait remonté les bretelles parce que l'on était indifférents à son cours sur ce thème et sa situation au Maroc. Vous pensez bien qu'a 18-19 ans les filles étaient plus attrayantes que les ruines et leur histoire. Ceci pour varier un peu l'ancien Posté October 8, 2011 6:14 pm
Photo 735 Volubilis,la ville antique romaine du Maroc La conquête de Carthage par l'Empire romain au IIe siècle av. J.-C. assura aux Romains la domination de tout le littoral africain baigné par la Méditerranée. De cette époque date pratiquement le partage territorial du Maghreb entre le Maroc et l'Algérie. Les Romains s'allièrent avec Bocchus, le roi berbère qui régnait sur toute la région à l'ouest de la Moulouya, pour briser la résistance de son gendre Jugurtha qui dominait l'Algérie. Jugurtha fut vaincu définitivement en 105 av. J.-C. Durant la période romaine, la région fut mise en valeur : des routes furent construites, des villes, telle Volubilis, furent fondées. L'agriculture se développa tandis que le commerce était actif. De 25 à 23 av. J.-C., Juba II, un souverain berbère, administra la Maurétanie (Algérie, Maroc, une partie de la Mauritanie). Vers 42 apr. J.-C., Claude Ier annexa l'ensemble de la Maurétanie à l'Empire romain : elle fut divisée en deux provinces, la Maurétanie Tingitane (de Tanger), correspondant au Maroc actuel, et que dirigea le fils de Juba, Ptolémée, et la Maurétanie césarienne (l'Algérie), la Moulouya marquant la frontière entre les deux régions. Les Romains, qui ne contrôlaient véritablement que la région septentrionale du pays (Volubilis) en raison de l'hostilité des montagnards berbères, se replièrent sur la région de Tanger qui fut rattachée, sous Dioclétien, à l'Espagne méridionale, en 285. En 429, le Maroc subit une nouvelle invasion, celle des Vandales germaniques qui furent assimilés par les populations locales. Le général byzantin Bélisaire reconquit le pays en 533 et imposa les lois de l'Empire byzantin. Le Maroc antique Posté October 8, 2011 7:36 am
le boulevard des crêtes avec Anfa supérieur c'était le nec plus ultra.
il y avait de sacrées baraques.
A mon époque les SEBTI avaient une grosse renommée l'ancien Posté October 3, 2011 4:22 pm
Moi aussi je viens de lire jusqu'au bout cet intéressant article. Je pensais y retrouver le nom de la Famille SEBTI. En 1960 pendant les vacances d'été j'ai travaillé chez cette grande famille d'importateurs du textile. A ce moment tout au moins c'était vraiment une des plus grosses familles du royaume, avec des "gentlemen" au timon, en particulier Hadj Mohamed SEBTI. J'ai eu la chance donc cet été là d'assister aux préparatifs du mariage de Driss Sebti avec sa cousine Latifa, puis d'y participer : trois jours merveilleux... dans cette fabuleuse villa du Bd des Crêtes. Mireille Posté October 3, 2011 9:19 am
très bon article
intéressant.A lire l'ancien Posté October 3, 2011 7:48 am
|

Photo Nº 1 A | 
Photo Nº 2 A | 
Photo Nº 3 A | 
Photo Nº 4 A | 
Photo Nº 5 A | 
Photo Nº 6 A | 
Photo Nº 7 A | 
Photo Nº 8 A |
|